Promenade au musée Gadagne
Posté par annemarie - 04/07/10 à 11:07:23Voici quelques clichés pris lors de la visite du musée Gadagne à Lyon. Ce musée couvre l’histoire de la ville depuis sa fondation jusqu’à l’après guerre.

Léopard casqué
Voici le léopard casqué représentant cette famille de banquier d’origine italienne habitant la demeure qui est aujourd’hui un musée. Le cimier de son casque est constitué d’une licorne pourvue d’ailes de dragons.

Une des portes de la demeure que l’on peut voir une fois entré dans la cour.

plan du site de la ville et premiers édifices sacrés romains.
quelques détails :


J’aime beaucoup ce plan et aussi la façon de représenter les bâtiments en forme de visage, un peu comme font les enfants.



Chaque détail recèle ses symboles et est un petit tableau dans le plan.



En 177, les hommes et les femmes qui refusaient de rendre un culte à l’empereur furent martyrisés.


Saint Pothin, peinture de l'église d'Ainay , crypte
Premier évêque de Gaule, martyrisé à Lyon sous Marc Aurèle en 177

d'après le marbre de joseph Chinard (1756-1813) sculpteur. Gravure du 19e





Saint Nizier, évèque de Lyon, (?-573)

les ruines de l'aqueduc de Saint Irènée. Jean-Michel Grobon (1770-1853) peintre et dessinateur. Aquarelle 1808
Un temps terrible arriva avec l’invasion des sarrasins, qui vinrent aux portes de Lyon. les restes des monuments romains disparurent à cette époque. les aqueducs furent renversés, des églises et des monastères démolis.
Au IXe siècle, ce fut la renaissance carolingienne. Grâce à l’évêque Leidrade, ami de Charlemagne, basiliques églises et monastères furent reconstruits dans le diocèse de Lyon. Du XIe siècle au XIIe siècle, les abbayes d’Ainay, de l’île Barbe et de Savigny sont à l’apogée de leur rayonnement intellectuel…. En voici quelques chapiteaux et autres vestiges.







la "couronne de Charlemagne"

Fresques en cours de restauration
Posté par annemarie - 27/06/10 à 09:06:35En allant me promener à Saint Antoine de l’Abbaye, en Isère, j’ai pris quelques clichés de ces fresques en cours de restauration. Ce visage puissamment délicat m’a séduite au plus haut point. on devine l’enduit, les traces polychromes encore très présentes malgré l’usure du temps.


Voici une autre fresque….


Ces fresques un peu naïves dans le dessin sont pleines de charme et très sensibles.

regardez la délicatesse du dessin du lion, le voici en gros plan…

Et allez encore une petite pour le dessin délicat de la main et l’expression du visage.

Suite de la promenade…
Posté par annemarie - 13/06/10 à 06:06:11Aujourd’hui le merveilleux jardin de Mme Hatsumi était prêt. Une merveille…Voici quelques vues prises par temps gris malheureusement, mais très doux, privilégiant les gris et les demi-teintes.


Voici le bassin, sans doute l’endroit le plus impressionnant du jardin.

- Le bassin
A droite du bassin se trouve encore une lanterne avec un petit point d’eau miroir comme j’aime l’ appeler… mes hôtes disaient : pour s’agenouiller, se rincer les mains, s’isoler…

Les lanternes, que je vois comme des balises ou bornes rassurent l’explorateur du jardin par leur présence, chassent les ombres, donnent un goût d’immortalité à l’ensemble. Elles viennent du japon.

une des lanternes du jardin
ici un jeune lys donne une touche subtilement colorée complémentaire et essentielle à l’ensemble, beau travail de paysagisme de la part de Mélanie et de Jonathan, les enfants de la famille que vous pouvez retrouver sur www.mizuki-paysagiste.fr

Voici les heureux propriétaires de ce jardin :

Encore une merveilleuse lanterne, je n’ai qu’un regret c’est de ne pas les avoir vues allumées…

Et voici quelque chose qui me plait beaucoup cet amour pour l’eau pure…Le jardin de thé….

Promenade au jardin
Posté par annemarie - 06/06/10 à 11:06:08Ce weekend c’était les « rendez-vous » aux jardins; Pas bien loin de Grenoble j’ai eu la chance de commencer à visiter un jardin privé japonais plein de charme, je suis restée en amour avec ce lieu magique plein de paix.

j’y retourne dimanche prochain pour continuer la visite. Merci aux propriétaire pour nous faire partager tant de merveilles et d’harmonie.

le schéma directeur
Posté par annemarie - 30/05/10 à 04:05:25Le schéma directeur.
Un schéma directeur est une sorte de grille qu’il vous faut découvrir vous-même dans le tableau d’autrui que vous cherchez à analyser, dans le paysage que vous observez et que vous voulez peindre, ou dans l’ébauche de l’œuvre que vous voulez composer de toutes pièces. Cette grille va mettre en évidence des chiasmas ou nœuds, qui seront les points névralgiques du tableau et peut mettre en évidence des proportions harmoniques connues tel celles impliquées par le nombre d’or. Les harmonies géométriques dévoilées vous seront alors perceptibles et vous pourrez les réutiliser ou les modifier à votre gré. Ces grilles peuvent vous servir de base de travail ou vous aider à placer un élément de votre composition si vous hésitez. Ces schémas directeurs ne sont pas toujours utilisés consciemment par le peintre mais ils sont en réalité toujours présents. Qu’ils soient intuitifs ou laborieux il est bon de savoir les percevoir. Pour cela il suffit dans un exemple simple de premières mises en évidence de poser un calque sur votre image et de relier les points qui semblent être sur la même droite, c’est un bon début. Rien ne vous empêche ensuite de vous servir du compas et de chercher les cercles parfaits inscrits dans la composition. Et pourquoi pas de combiner plusieurs outils de mesure pour affiner l’analyse…Règle et compas utilisé comme compas ou comme pointe sèche juste pour mesurer les écarts et les reports… Il s’agit de toute façon de mettre en évidence les rapports des différents éléments entre eux.
Si par exemple lors de vos sorties vous faites plusieurs croquis de bouts de paysages et que vous désirez les inclure sur la même toile, la construction préalable d’un schéma directeur à partir de votre sujet principal vous aidera à placer les autres éléments en proportion ou en situation dans le tableau : Mise en place de montagne à l’arrière plan par exemple, ou à contrario, pose d’un élément au premier plan. L’utilisation de votre géométrie propre redécouverte plus ou moins infléchie ensuite par vous-même ou transformée volontairement vous évitera des erreurs grossières de mise en page, de composition…La marge d’erreur en sera diminuée d’autant. Ceci est également valable pour un nu ou là la proportion dorée ressortira obligatoirement. J’ai appris ce genre de jeu en analysant les toiles de Kandinski pour m’apercevoir plus tard qu’il était tout aussi valable pour une toile de Brueghel par exemple, les jeux d’harmonies étant universels. Alors regardez bien….Voici un exemple :
tout d’abord à partir de la photo d’un paysage :

la plaine du Vercors, photo de base
voici la photo et ci-dessous un exemple de schéma directeur étudié, il y en a d’autres bien sur, l’idéal est d’en faire plusieurs et de choisir le meilleur ou celui qui convient le mieux à ce que l’on veut mettre en valeur, ce schéma servira ensuite à établir les autres éléments de la composition à partir d’autres clichés ou croquis par exemple ou pour le placements de personnages. les proportions trouvées peuvent être répétées et déplacées pour construire et complexifier la grille de travail, les intervalles. rien ne vaut d’imprimer en grand la photo que l’on veut étudier pour bénéficier des détails et de bien analyser l’image qui sera ensuite magnifiée simplifiée et complexifiée autrement pour une mise en valeur de l’harmonie déjà existante.

Un exemple de schéma directeur
les formats
Posté par annemarie - 02/05/10 à 12:05:24Il m’est apparu au cours de l’enseignement que je pouvais dispenser ces derniers temps que mes élèves n’avaient absolument pas idée de ce que pouvait être un format raisin par exemple. Les images et symboles disparaissent au profit des chiffres et nombres bien souvent. Et les systèmes normalisés perdent en poésie. Voici un petit rappel utile des différents noms des formats de papier ainsi que leurs dimensions ainsi que le rappel des apports différents des formats normalisés, de leur origine et de leur emploi. Puis enfin les formats des châssis.
L’essor de la papeterie à travers les nombreux moulins à papiers de France au XIXe siècle multiplia bientôt les dérives qui consistaient à réduire le format des feuilles de papier et à affiner celui-ci afin de gagner plus d’argent. Il a fallu contrôler la production du papier et c’est ainsi que sous Charles VI, le bailli de la ville de Troyes édita une ordonnance qui stipulait que les maitres papetiers ou ouvreurs (ceux qui plongent la forme métallique dans la cuve et ramènent la pâte dans le cadre s’appellent des ouvreurs) devaient signer leur travail sous peine de sanction. La production non signée était confisquée. Plutôt que de signer d’un nom , les papetiers signaient d’un symbole par le filigrane directement inclus dans le papier car en relief sur la forme. Devinrent célèbres certains formats de papiers et leurs symboles sorte de marques de fabrique employés par les papetiers les plus fameux. Sont donc restés pour ainsi dire les formats suivants :
Cloche : 30 x 40 cm
Couronne : 32 x 44 cm
Raisin : 50 x 65 cm (correspond au 15P en châssis)
Double Raisin ou Colombier : 65 x 100 cm
Quart Raisin : 24 x 32,5 cm (très utilisé par les écoliers)
Écu : 36 x 46 cm
Pot ou Écolier : 31 x 40 cm
Roberto : 39 x 50 cm (utilisé pour le dessin morphologique)
Double pot : 40 x 62 cm
Coquille : 44 x 56 cm
Carré : 45 x 56 cm
Cavalier : 46 x 62 cm
Double coquille : 56 x 88 cm
Grand Aigle : 75 x 105 cm (utilisé pour les plans cadastraux)
Demi Grand Aigle : 52,5 x 75 cm
Petit Aigle : 60 x 94 cm
Grand Soleil ou impérial: 60 x 80 cm
Double Grand Soleil ou Grand Monde : 80 x 120 cm
Univers : 100 x 130 cm
Grand Univers : 100x- x 140 cm
Demi Grand Univers ou double format italien : 70 x 100 cm
Quart de Grand Univers ou format italien : 50 x 70
Industrie : 91 x 66 cm
Jésus : 56 x 76 cm
Double jésus : 76 x 112 cm
Le format Grand Aigle se rapproche d’un type de format comparable à ceux construits sur le rapport du nombre d’or.
En effet : 1050mm =750mm x par racine de 2
Les formats normalisés utilisés en architecture ou dessin technique sont directement issus de la construction par la racine carrée de 2 et s’imbriquent les uns dans les autres : les voici :
Celui que tout le monde connaît le A4 : 21 x 29,7 cm et puis les autres :
A4+ : 24 x 32 cm
A5 : 14,8 x 21 cm
A6 : 10,5 x 14,8 cm
A3 : 29,7 x 42 cm
A2 : 42 x 59,4 cm
A1 : 59,4 x 84,1 cm
A0 : 84,1 x 118,9 cm soit 1m carré
Vous voyez que la largeur d’un format s’imbrique deux fois dans la hauteur du suivant.

formats normalisés
Passons maintenant aux châssis toilés ou non :
Nous disposons des formats Figure Paysage et Marine.
Le format Marine provient directement du nombre d’or : 1,61803399. Le format Figure est calculé sur sa multiplication par deux et consiste bien ainsi en la juxtaposition de deux formats Marine. Le format Paysage lui est construit sur le report de la diagonale d’un carré et obéit aux lois de la Porte d’Harmonie. La dénomination de « Porte d’Harmonie » est due à un peintre du début du vingtième siècle, Paul Sérusier, qui souhaitait mettre en évidence l’esthétique des rectangles dont le rapport de la longueur à la largeur est de racine de 2. C’est-à-dire que la hauteur du rectangle divisée par sa largeur est égale à racine de 2. (racine carrée de 2 : 1,41421356.) … « Nul n’entre ici s’il n’est géomètre ! » . Cette esthétique due à la racine de 2 est presque aussi forte que celle due au nombre d’or.
Voici les formats en cm : F : Figure, P : Paysage, M : Marine
0F : 18 x 24 0P : 18 x 12 0M : 18 x 10
1F : 22 x 16 1P : 22 x 14 1M : 22 x 12
2F : 14 x 19 2P : 24 x 16 2M : 24 x 14
3F : 27 x 22 3P : 27 x 19 3M : 27 x 16
4F : 33 x 24 4P : 33 x 22 4M : 33 x 19
5F : 35 x 27 5P : 35 x 24 5M : 35 x 22
6F : 41 x 33 6P : 41 x 27 6M : 41 x 24
8F : 46 x 38 8P : 46 x 33 8M : 46 x 27
10F : 55 x 46 10P : 55 x 38 10M : 55 x 33
12F : 61 x 50 12P : 61 x 46 12M : 61 x 38
15F : 65 x 54 15P : 65 x 50 15M : 65 x 46
20F : 73 x 60 20P : 73 x 54 20M : 73 x 50
25F : 81 x 65 25P : 81 x 60 25M : 81 x 54
30F : 92 x 73 30P : 92 x 65 30M : 92 x 60
40F : 100 x 81 40P : 100 x 73 40M : 100 x 65
50F : 116 x 89 50P : 116 x 81 50M : 116 x 73
60F : 130 x 97 60P : 130 x 89 60M : 130 x 81
80F : 146 x 114 80P : 146 x 97 80M : 146 x 89
100F : 162 x 130 100P : 162 x 114 100M : 162 x 97
120F : 195 x 130 120P : 195 x 114 120M : 195 x 97
Le cadrage
Posté par annemarie - 25/03/10 à 10:03:58Pourquoi cadrer allez-vous me demander…Et bien c’est simple, notre champs visuel est en quelque sorte plus grand que la feuille de papier qui va recevoir notre dessin, nous allons environ devoir réduire l’angle de vision par trois pour pouvoir inclure l’image dans la « fenêtre » représentée par la page. Cette nécessité de cadrer étant évidente, comment faire? Bien sur vous pouvez regarder à travers vos mains croisées comme le font les enfants pour vous faire une sorte de viseur rectangulaire, mais il y a mieux…Face à un paysage ou à une nature morte si vous ne disposez ni d’une chambre noire à la façon des anciens comme Vermeer ni du viseur d’un appareil photo, vous pouvez utiliser ce que l’on appelle une mire de paysagiste. L’invention n’en est pas moins ancienne, l’optique étant une science très prisée à la Renaissance. La lentille biconcave de réduction est appelée lentille de Vinci. Elle se tient à bout de bras et vous pouvez vous prendre alors pour un réducteur de tête, euh de paysage…Ou de toute chose que vous aurez besoin de voir d’un peu loin pour mieux vous rendre compte de l’ampleur du panorama et du travail à effectuer… Il en existe des lignées pour les accros du quadrillage et si cela vous semble plus simple. Autre méthode non moins à carreaux, vous pouvez vous fabriquer une mire plus grande que vous fixerez à votre chevalet ; Celle-ci que je vous présente en photo est faite proportionnellement au format de la toile que j’utilise le plus souvent. Il s’agit pour la fabriquer d’avoir la patience de tirer des fils tous les centimètres et de les coller ou de les encocher entre deux cartons forts. Quatre fils blancs pour un rouge, vous donneront d’utiles subdivisions. Vous pouvez aussi la tenir à bout de bras comme la lentille de Vinci. Un bon cadrage par tradition se doit de respecter des proportions dorées …pour simplifier on dira un tiers/deux tiers… Évitez de placer la ligne d’horizon à la moitié de votre dessin en hauteur par exemple. Le sens de la proportion dorée vient assez naturellement puisque le nombre d’or se retrouve dans les proportions du corps humain. C’est en tout cas une valeur sure pour établir les grandes lignes d’une image. Repérez les éléments forts de ce que vous regardez et tracer des lignes imaginaires reliant les différents éléments entre eux, vous découvrirez des formes géométriques imbriquées. Vous trouverez ainsi des nœuds ou centres de force. On appelle ça tracer le schéma directeur. C’est votre observation de ces lignes cachées qui vous assurera de la solidité de votre construction. Ce schéma directeur doit rester très discret sous votre dessin ou peinture, invisible presque, mais doit être présent comme guide subtil pour l’œil du spectateur.

mire de paysagiste

mire de paysagiste et lentille de Vinci


lentille et mire

Tenue de la lentille de Vinci

la lentille de réduction

Interview Art et Peinture
Posté par annemarie - 17/03/10 à 07:03:49le magazine en ligne du forum Art et peinture m’a généreusement interviewée à la suite du pas à pas sur la rose à cinq pétales…
Voici la teneur du « papier »:

Quelle est votre plus importante émotion artistique et à quand remonte-t-elle ?
Une de mes plus importantes émotions artistiques est sans aucun doute l’exposition sur Kandinski à Beaubourg je crois en 1984, j’étais en première année à l’école de dessin…je devais faire un exposé…Cela a été une révélation, mieux une initiation.
Qu’est-ce qui a engendré ou déclenché votre vocation selon vous ?
Je suis tombée dans la marmite quand j’étais petite, ma grand-mère m’a tout transmis. Elle m’emmenait au Louvre tous les mercredis et prenait grand soin de mon éducation artistique.
De quel courant vous réclamez-vous ou à quelle famille artistique pensez-vous vous rattacher si cela est important pour vous en terme de filiation ?
Je me suis longtemps considérée comme fille spirituelle de Roberto Matta Echaurren, c’est à dire de l’expressionnisme abstrait, même si maintenant un retour au figuratif sur une part de mon travail se fait sentir, l’abstraction étant réservée à de petits travaux ressemblant à de l’enluminure.
Quelle a été votre éducation artistique ?
Tout d’abord une éducation sur l’histoire de l’art assez profonde à travers l’éducation de ma famille, puis j’ai fait la même école artistique que ma grand-mère deux générations plus tard : l’école technique et artistique SORNAS à Paris, puis les Beaux Arts en auditeur libre, enfin j’ai trainé quelques mois à la sorbonne en histoire de l’art et archéologie avant de partir travailler dans l’archéologie justement. Ensuite beaucoup de recherches personnelles m’ont absorbées pendant dix ans sur le métier ancien du peintre.
Quels ont été vos maîtres ? Ou bien quel créateur vous a-t-il le plus apporté dans votre progression ou dans vos découvertes ?
C’est probablement Paul Klee qui m’a le plus appris une fois que j’ai touché à l’abstrait pour la maîtrise de l’aquarelle et le contenu du message, le pourquoi je peins… Mais je n’ai jamais cessé de m’abreuver très tôt des maîtres anciens hollandais comme Van Eyck d’abord, ma préférence allant ensuite à Brueghel de Velours et Dürer, puis Cranach l’ancien, puis ensuite des italiens Vinci bien sur que je m’amusais à copier dans ses façons d’écrire, mais surtout j’ai eu le coup de foudre pour Botticelli.
Quelles ont été vos premières armes graphiques et à quel âge ?
Les crayons de couleur, très tôt, si tôt que je ne me souviens plus quand, puis le compas vers deux ans.
Quelle technique privilégiez-vous et pourquoi ?
Je privilégie l’aquarelle et tout ce qui est apparenté aux techniques « légères » de dessin, crayon noir, encre de Chine, crayon de couleur…Pour la rapidité d’éxecution ou pour la lenteur c’est selon, mais d’abord car il faut dire et poser rapidement les idées. Pour le côté pratique aussi de transport. L’huile m’est venue tardivement.
Depuis combien de temps exercez-vous votre art ?
Et bien si on considère que l’on compte du début de mes études artistiques ça fait 25 ans.
A votre sens comment envisagez-vous le rôle de l’art dans la société ?
Un rôle d’éducation et d’accompagnement, un rôle d’initiatique avant tout, un rôle d’apaisement et de générateur de sens, un rôle de chamane si l’art est accompli, de sage et de sachant.
Quels sont vos objectifs de création et vos directions de recherche ?
Chanter la beauté du monde, donner des indices sur ses mystères. Voir de l’autre coté du miroir, continuer sur des thèmes épurés mais qui s’accrochent à la perception du réel. Faire de petites choses, simples mais aussi efficaces et intemporelles qu’une peinture sur soie de Shitao. Suivre en cela la Voie de l’Encre;
Que souhaitez-vous apporter aux autres à travers votre travail ?
Juste un peu de joie et de paix, un point de repère, un jalon qui les aidera à poursuivre leur chemin et à ne pas oublier les fondamentaux : Aimer, Voir, Entendre.
Quel est votre point faible, celui qui vous embête pour avancer qu’il soit technique ou autre?
Le manque de confiance en moi…Si si…L’hyper-affectivité d’une enfant. Ma lenteur qui en découle.
Quels sont vos projets d’exposition si vous en avez prochainement?
Pour l’instant pas grand chose, si ce n’est quelques dessins botanique à la serre de Grenoble.
Transmettez-vous ?
Je donne des cours de dessin, d’huile, d’aquarelle, de pastel et de perspective à des personnes d’âges et de motivations très différentes
Votre film culte ?
« Le cinquième élément » de Luc Besson, Avatar récemment m’a beaucoup plu.
Qu’admirez-vous avant tout dans l’œuvre des autres artistes ?
L’efficacité de parole qui transcende la matière…Par exemple chez Zao Wou Ki
Quelles sont vos conditions de travail actuelles ?
Je travaille dans mon petit studio, organisé au millimètre ou à peu près, enfin il vaut mieux…j’ai toujours l’impression de manquer de place alors je me concentre sur l’essentiel. j’ai peu de temps…j’ai un autre job, je donne des cours, je prépare un concours…
Créez-vous plus facilement la nuit ou le jour ?
J’aime travailler le matin, j’apprécie la lumière du jour. Je n’aime plus travailler la nuit.
Quelles étapes de réflexion et de maturation vous sont-elles nécessaires pour élaborer et mener votre travail de la conception à la finalité ? Vous êtes vous construit une trame, une méthodologie?
Beaucoup de croquis en « écriture automatique » au début, en ce qui concerne l’abstrait avec une relecture de sens importante, puis une construction en multicouches ce qui fait qu’on peut passer d’un dessin à un autre sans s’en rendre compte par un système gigogne ou de métamorphose. Pour le figuratif, je me pose devant le sujet et je me bats contre le chronomètre et le temps qui passe, comme en photo, c’est une chasse.
Quels principes ou règles dégageriez-vous de votre expérience ?
Calmer son esprit avant de travailler, chasser toute agitation ou état d’âme. Se concentrer sur son esprit et sur ses perceptions. Finir ce qu’on a commencé. Écrire un journal de bord de ses recherches.
Que ne voulez-vous pas être ?
Un vieux peintre qui garde ses secrets pour lui et qui ne transmet rien, et qui croit avoir fait le tour de la question.
Quel est le dernier ouvrage technique que vous avez lu ?
Ça doit être Géométrie du nombre d’or de Robert Vincent
Avez-vous un site internet ?
http://www.artdutrait.com (site) et http://www.lepinceaumagique.fr (blog)
Le mot de la fin Anne Marie ?
Je remercie toutes celles et ceux qui ont retenu mon » pas à pas » et qui ont voté pour moi. Je remercie également Art-et-Peinture et ses représentants de m’accorder cet interview.
Tailler son crayon c’est comme cultiver son jardin…
Posté par annemarie - 21/02/10 à 01:02:23Geste qui semble banal pour le moins… mais, dites-moi comment vous taillez votre crayon je vous dirai qui vous êtes…Cela peut sembler superflu en effet de donner un cours sur le sujet et pourtant ! De la bonne taille de votre mine dépendra la bonne mine de votre dessin… En effet je vois trop d’élèves confondre crayon et pieu à graver… J’ai coutume de leur dire : « il faut qu’à l’instar de la Belle au Bois Dormant vous puissiez utiliser votre crayon avec autant de dextérité et de prudence que vous le feriez d’une quenouille…, vous devez prendre garde à ne pas vous piquer ! Alors laissez tomber taille-crayons en tout genre qu’ils soient manuels ou électrique et tournons-nous vers l’art de tailler :
Il vous faut un simple cutter avec cran d’arrêt toutefois. Évitez ceux qui sont trop gros comme les cutters pour moquette nous ne sommes pas tapissiers…Si vous êtres droitier, vous tiendrez votre cutter de la main gauche car celui-ci, lame sortie d’environ 1,5 cm va rester fixe dans votre main, et c’est là une des astuces d’ailleurs car si vous essayez de tailler d’une façon classique votre crayon en projetant votre cutter sur celui-ci, évidemment vous n’arriverez à rien…De la main droite maintenant vous saisissez avec tendresse le petit morceau de bois objet de notre attention…Et tout en le tenant vous posez le pouce droit sur le dos de la lame.. . C’est ce qui va vous servir de point d’appui pour tirer délicatement le crayon sous la lame. C’est la main qui tient le crayon qui bouge, pas le cutter. Vous commencerez de façon presque parallèle au bois du crayon et assez loin en arrière sur celui-ci, le but du jeu étant d’avoir une mine assez longue et avec un angle très fermé. C’est ainsi que vous pourrez obtenir une mine longue sans la casser avec un peu de patience. Pivotez régulièrement votre crayon d’un dixième de tour dan votre main entre chaque taille. L’avantage de cette technique est également l’obtention d’une mine pouvant avoir un aspect biseauté avec plusieurs angles. Ainsi la mine a toujours la possibilité de présenter un angle d’attaque sur le papier qui reste ferme et anguleux. Si vous pensez à tourner imperceptiblement votre crayon dans votre main en dessinant vous sentirez la nouvelle fermeté de votre trait, adieu alors les traits mous, uniformes et gris source d’ennui pour le spectateur. A vous ensuite d’avoir la main légère sur votre dessin pour ne pas casser cette mine de compétition, mais vous verrez vous aurez moins besoin d’y revenir sans cesse, la mine durant plus longtemps sous les doigts contrairement à ce qui se passe si on a eu l’usage pénible du taille crayon. Vous pourrez terminer en « grattant » légèrement la mine pour l’affiner encore un peu avec la lame cette fois perpendiculaire à la mine. Pour cette phase de finition c’est le cutter qui bouge sur la mine.

C'est la main droite qui bouge...




angle d'attaque le plus parallèle au bois possible


finition en "grattant" délicatement la mine

le fil à plomb, suite….
Posté par annemarie - 17/01/10 à 08:01:53Tout d’abord il vous faut prendre le rapport de proportion hauteur largeur de votre dessin pour l’encombrement général de celui-ci dans la page. Pour cela vous devez regarder avec le fil quels sont les points extrêmes à droite et à gauche de votre sujet, et vous devez repérer également le point le plus haut et le plus bas.

aplomb au bord visuel du sujet.
Ensuite prendre la mesure avec le crayon, bras tendu, de la plus petite proportion des deux grandeurs (hauteur totale ou largeur totale) puis comparer celle-ci à angle droit à la plus grande des deux grandeurs à comparer. On trouve alors un rapport de proportion. Par exemple ici la hauteur totale du moulage blanc rentre une fois et un quart dans la largeur totale.

prise de mesure


Pour faire le report sur le dessin on décide arbitrairement de la largeur ici qui est plus grande et on centre cette grandeur dans la page ainsi on est sur que le dessin ne sortira pas du format. Ensuite toujours à angle droit on en déduit en ajustant avec le fil une grandeur étalon qui rentrera une fois et un quart de fois dans cette largeur. C’est cette opération qui se fait comme une opération d’arpenteur.

report des proportions sur le dessin à l'aide du fil.
On cherche à l’œil, en tâtonnant, en reportant fil tendu entre les ongles des pouces, déplaçant bout à bout la largeur que l’on tient du fil et comptant au fur et à mesure le nombre de reports. On peut marquer légèrement avec l’ongle le point de report au début pour mieux voir mais le mieux est de bien regarder le point que l’on quitte pour déplacer correctement l’étalon. Avec l’habitude on trouve les reports assez facilement. On peut également réaliser cette opération avec un compas ou pointe sèche si les mesures ne sont pas trop grandes car au-delà d’une certaine grandeur l’utilisation du fil est la seule solution. Une fois que l’on a déterminé le rapport de proportion de la hauteur par rapport à la largeur il ne reste plus qu’à la reporter en la centrant en croix par rapport à l’horizontale et à tracer le rectangle d’encombrement qui servira de cadrage au reste des mesures, le point zéro venant sur l’angle de ce rectangle. Il est facile ensuite de repérer n’importe quelle position de n’importe quel point du dessin en pratiquant à peu près de la même façon. En effet si on veut placer le centre de la fleur, on mesure la distance au crayon du bord du modèle au centre de la fleur et on compare la mesure trouvée sans bouger les doigts sur le crayon avec une autre mesure (que l’on connaît déjà car déjà reportée sur le dessin), en déplaçant le bras pour mettre le haut du crayon à la place de l’emplacement indiqué par l’ongle du pouce sur le crayon… on mesure toujours horizontalement ou verticalement, jamais en diagonale. Au début on compare surtout à la hauteur totale ou à la largeur totale et ensuite à ce que l’on veut lorsque le dessin est suffisamment avancé. Tout se construit ainsi petit à petit par un système de quadrillage des repères à angles droits.

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